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SANTÉ RÉUNION
Greffe de cellules souches du sang
Le traitement de certains cancers inclut la greffe de cellules souches du sang (on parlait anciennement de greffe de moelle).
Qu'est-ce qu'une cellule souche?
Contrairement à la plupart des cellules, les cellules souches sont capables de se renouveler indéfiniment et de réparer des tissus abimés, voire de les créer de toute pièce.
On les trouve à plusieurs niveaux (embryon, foetus, moelle osseuse, différents organes).
Les cellules souches qui régénèrent continuellement le sang sont situées dans la moelle osseuse.
La greffe de cellules souches
La greffe proprement dite est précédée d'une chimiothérapie, accompagnée ou non d’une irradiation corporelle totale pour détruire un maximum de cellules cancéreuses.
Mais ces traitements détruisent aussi les cellules souches du sang.
C'est pourquoi une greffe de cellules souches est ensuite indispensable pour permettre la régénération du sang en globules rouges, globules blancs et plaquettes.
Le traitement et les soins liés à cette technique exigent des connaissances très spécifiques.
L’intervention a donc lieu exclusivement dans des hôpitaux spécialisés.
Deux types de greffe
La greffe autologue :
Elle utilise les cellules souches du patient.
Celles-ci sont prélevées au moment où les effets de la maladie ont été, le plus possible, atténués.
Ce type de greffe peut être envisagé jusqu’à environ 65 ans.
- Avantage : les cellules souches proviennent du corps du patient, avec un risque d’effets secondaires et de complications nettement plus faible qu’en cas de greffe allogénique provenant d'un donneur.
- Inconvénient majeur : la présence éventuelle, malgré les traitements préalables, de cellules cancéreuses résiduelles parmi les cellules souches. Le risque de récidive est donc plus élevé que dans le cas d’une greffe allogénique.
La greffe allogénique (ou allogreffe) :
Elle utilise les cellules souches d’un donneur compatible. Il s’agit de préférence d’un donneur apparenté (frère ou soeur).
À défaut, il est possible d’utiliser les cellules souches d’un donneur compatible non apparenté.
Ce type de greffe peut être envisagé jusqu’à 50 ans.
Avantage : les cellules du donneur sont capables d’éliminer les cellules cancéreuses qui pourraient encore être présentes dans l’organisme. On appelle cela "l'effet greffon contre cancer".
Le greffon diminue le risque de récidive (réapparition) de la maladie.
Inconvénient : il existe un risque de réaction du greffon contre l’hôte.
Il s’agit d’une complication importante. Les cellules du donneur attaquent les organes et les tissus normaux du patient.
Le degré de sévérité va d’inoffensif à mortel! Pour contrôler ce risque, le patient devra, pendant un certain temps, prendre des médicaments spécifiques.
Ensuite, le greffon “s’habitue” à l’hôte et le risque d’attaque contre l’organisme diminue.
En résumé, bien qu’une greffe allogénique comporte effectivement des risques en termes d’effets secondaires et de complications, elle offre davantage de chances de guérison.
C’est pourquoi, elle est souvent privilégiée.
Mini-greffe :
Les "mini-greffes" ou "greffes à intensité réduite" sont parfois effectuées après une chimiothérapie plus légère, accompagnée ou non d’une radiothérapie également plus légère.
Cette "mini-greffe" est toutefois suffisante pour neutraliser le système immunitaire et permettre la croissance des cellules du donneur.
Ces greffes comportent moins d’effets secondaires immédiats et peuvent donc également être utilisées chez les patients plus âgés.