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SANTÉ RÉUNION
Tabac et fertilité :
Fumer entraîne une baisse de la fertilité, aussi bien féminine que masculine.
Les produits chimiques contenus dans la fumée de cigarette ont des conséquences néfastes, sur la fertilité mais également sur la vie sexuelle et affective.
Chez les hommes :
La cigarette est directement responsable de troubles de l’érection et multiplie par 27 le risque d’impuissance, même chez les jeunes :
Les substances chimiques contenues dans la fumée diminuent le débit de pression artérielle, ce qui entrave le remplissage des corps caverneux de la verge et provoque le mécanisme d'impuissance.
Le risque est élevé, même les petits fumeurs ne sont pas épargnés....la nicotine et le monoxyde de carbone affectent les capacités érectiles, à consommation tabagique excessive ou modérée.
La fumée de cigarette ralentit la sécrétion de testostérone, provoquant une baisse de la libido.
Les spermatozoïdes sont moins nombreux et moins mobiles, ce qui diminue la fertilité.
Les produits chimiques contenus dans la fumée de cigarette altère également l’ADN des spermatozoïdes, augmentant les risques d'anomalies congénitales et de complications lors de la grossesse.
Chez les femmes :
Le tabagisme provoque des modifications hormonales et réduit la fécondité.
En moyenne, les fumeuses mettent deux fois plus de temps que les non-fumeuses à avoir un enfant.
Le tabac diminue en effet la réserve ovarienne en ovocytes, a un effet anti-oestrogènes avec en particulier une altération de la glaire cervicale, et favorise la production d'androgènes surrénaliens.
Par ailleurs, le tabac diminue la fécondité par augmentation des infertilités d'origine tubaire ainsi que le nombre de grossesses évolutives.
Le taux de réussite des fécondations in vitro est diminué.
Le tabac étant également toxique pour le système endocrinien, les cycles hormonaux féminins peuvent être perturbés par la cigarette : ils deviennent plus irréguliers et les règles sont plus douloureuses.
Parce qu'elle favorise la formation de caillots, abîme et rétrécit la paroi des vaisseaux, la dangereuse association du tabac et de la pilule contraceptive se traduit par une augmentation importante du risque d'accidents cardio-vasculaires et d'avc (accident vasculaire cérébral).
Tabac et grossesse :
Le tabac augmente également la fréquence d'un grand nombre de pathologies de la grossesse.
Tout d'abord, le risque de grossesse extra-utérine est augmenté chez la femme fumeuse et ce de façon dose dépendante (plus la consommation est importante, plus le risque est grand).
La nicotine diminue la mobilité tubaire (capacité de déplacement à l'intérieur des trompes) avec des spasmes et une diminution des battements des cils chargés de pousser l' embryon dans l'utérus, augmentant ainsi le risque de grossesse extra-utérine.
Ce risque redevient celui de la population générale si la consommation de tabac est arrêtée 1 mois avant la conception.
Deuxième effet délétère du tabagisme pendant la grossesse, le risque de fausse-couche spontanée.
Chez la femme fumeuse, il est multiplié par 1,5 à 3 de façon dose dépendante.
Ainsi, chez les grandes fumeuses (plus de 20 cigarettes par jour) le risque de fausse-couche spontanée est de 20 % contre 10 % chez les non-fumeuses.
Il peut atteindre 35 % si la consommation est de 35 cigarettes par jour.
Le risque de fausse-couche est aussi augmenté par le tabagisme passif (d'une heure au moins par jour).
Les mécanismes invoqués ? Une mauvaise qualité de l'endomètre qui devient impropre à la nidation ainsi qu'une altération des ovocytes, une diminution du flux sanguin utérin et une altération du blastocyte (stade de l'embryon entre le cinquième et le septième jour après la fécondation) par la nicotine.
Autre risque ? Celui de métrorragies liées au tabac au cours de la grossesse, lui aussi dose dépendant.
Le risque relatif d'hématome rétroplacentaire est multiplié par 1,5.
Le risque d'insertion basse du placenta est multiplié par 2 à 3.
Le placenta chez les fumeuses a une surface plus grande du fait de l' hypoxie.
Le tabac augmente également le risque de prématurité, en particulier du fait d'une rupture prématurée des membranes.
La rupture prématurée des membranes avant un terme de 34 semaines serait ainsi trois fois plus fréquente chez la femme fumeuse.
Ce risque est dose dépendant et il est également lié à l'âge de la mère.
Il est important de signaler que cette majoration du risque disparaît si la femme arrête de fumer avant la conception et diminue nettement si l'arrêt de l'intoxication tabagique survient dans le premier trimestre de la grossesse.
Les autres effets du tabac sur la grossesse ?
L' hypertension artérielle gravidique serait moins fréquente chez la femme fumeuse, mais celle-ci serait plus grave quand elle survient.
Le tabac serait aussi responsable d'une augmentation des pathologies buccodentaires, du risque de vergetures, d'anomalies de cicatrisation après césarienne et de modifications de certains paramètres biologiques (glycémie, taux d'insuline, HGC).
Retentissement du tabac sur le foetus
Chez le foetus, le premier risque est celui d'une augmentation du retard de croissance intra-utérin (RCIU).
La relation entre la quantité de tabac consommé par jour et le déficit pondéral à la naissance n'est pas linéaire.
Même une faible consommation de tabac retentit sur la croissance foetale.
Ainsi, la prévalence du RCIU passe de 8,5 % à 14,7 % pour une consommation de 1 à 5 cigarettes par jour et à 18,7 % si elle dépasse 10 cigarettes par jour.
Le tabagisme maternel pourrait aussi entraîner des malformations foetales.
Certains auteurs ont avancé une possible augmentation des anomalies du tube neural, des fentes labio-palatines, des anomalies des membres, des malformations urinaires ou cardiaques.
Autre risque lié au tabac pendant la grossesse : la mort foetale in utero (MFIU).
11% des MFIU tardives serait imputables au tabac en raison des complications placentaires et du risque de croissance intra-utérin.
Enfin, le tabac diminue la fréquence du rythme respiratoire foetal, la variabilité du rythme cardiaque foetal, les mouvements foetaux et il augmente le débit cardiaque et la fréquence cardiaque.
Le tabagisme est par ailleurs fortement déconseillé durant la période d'allaitement.