
SANTÉ RÉUNION
La famille des Acéracées regroupe les 115 espèces du genre Acer.
Rustiques et colonisatrices, les plus communes sont l'érable sycomore (Acer pseudoplatanus), l'érable champêtre (Acer campestre), et l'érable plane (Acer platanoides).
L'érable sycomore, également appelé érable blanc, est, avec son tronc droit, sa large cime ovoïde, le plus grand de la famille, atteignant au minimum 30 mètres. De croissance rapide, il peut dépasser 400 ans.
Arbre montagnard, on le trouve parfois en plaine. Epars en futaie, il aime l'humidité et préfère les sols riches.
On le plante un peu partout comme arbre d'alignement. L'écorce, jaunâtre, s'exfolie en larges plaques. Les feuilles opposées, longuement pétiolées, amples, à 5 lobes crénelés séparés par des échancrires aiguës, sont vert foncé, le dessous mat et glauque. Les fleurs verdâtres pendent en grappes fournies. Les fruits, samares soudées symétriquement au niveau des graines, forment 2 ailes largement ouvertes. Ce sont précisément des disamares.
L'érable champêtre dépasse rarement un siècle et une quinzaine de mètres. Arbre des plaines aimant les sols calcaires, il croit rapidement en taillis, sous futaies ou en pleine lumière.
Les rameaux, denses, forment une cime arrondie et se couvrent souvent de crêtes subéreuses.
L'écorce, d'un beau gris brun est découpée en bandes rectangulaires séparées par des fissures liégeuses.
Les feuilles, petites, découpées en 5 lobes principaux, sont d'un vert mat et pubescentes en dessous.
Le pétiole en est très long.
Les fleurs se dressent en corymbes verdâtres. Les disamares, souvent velues, ont des ailes horizontales.
L'érable plane ressemble à l'érable sycomore mais en plus petit, le fût mince, le couvert moins épais.
Même habitat et mêmes exigences. C'est un très bel arbre d'ornement.
On le reconnait facilement à son écorce qui se crevasse mais ne s'écaille jamais. Les feuilles, longues, aux pointes acérées, aux faces d'un vert brillant, portent 5 lobes que séparent des sinus arrondis.
Samares doubles aux graines aplaties et à ailes horizontales.
Erable
(Latin : Acerabulus)
L'érable fait parti des plus beaux bois auxquels les meubles précieux, depuis l'Antiquité, doivent leur lustre et leurs ondoiements.
Les Grecs dédièrent l'érable, symbolisant la mort sanglante (eu égard à la couleur de ses feuilles), à Phobos, fils d'Arès le dieu de la guerre.
Avec son frère Déimos, ils accompagnaient leur père sur les champs de bataille, l'un personnifiant la déroute, l'autre la peur.
Cette réputation, quelque peu sombre, ne semble avoir connu que des saisons gréco-romaines. Les chinois virent l'érable d'un bon oeil. L'homophonie entre le nom de l'arbre et le verbe signifiant "conférer un honneur" lui prête une autre symbolique. Que porte à l'emblématique le drapeau canadien...et à la gourmandise l'ambre de ses sirops.
En Alsace et en Allemangne, les cigognes l'aiment aussi et mêlent dans leurs nids l'érable à leurs branchages afin que les chauve-souris ne gâtent pas leurs oeufs.
Les ennuis de l'érable ne semblent être de nature lexicale uniquement. Si un chat jouit du petit bonheur légitime d'être appelé un chat, il semblerait que le botaniste n'ait point accordé à notre arbre cette satisfaction.
L'érable sycomore tient son nom d'un figuier égyptien dont il imiterait les feuilles. Et, comble vexatoire, son appellation savante - Acer pseudoplatanus - en fait un faux platane. Linné, sans doute, était-il de moyenne humeur.
L'érable plane, contractant le nom du platane, s'en tire juste un peu mieux.


La pharmacopée ne s'est jamais risquée à lui trouver des vertus curatives. Elle fit même d'un de ses parasites, la cantharide, la panacée des amours en péril. Ce coléoptère, qui donne à la Nature le spectacle de copulations frénétiques, offrit aux apothicaires le produit de ses humeurs toxiques. Séché, pilé, l'insecte servait aux vésicatoires.
...Et passait pour aphrodisiaque.
Mais l'érable, arbre magnifique, prend tout cela de haut. Nanifié en bonsaï, il peut encore regarder de loin toutes nos humaines considérations. De ses cinquante millions d'années.
