top of page

Le genre Cedrus appartient à la famille des Pinacées.  

Les cèdres ne comptent que 4 espèces.  Deux nous sont familières : le cèdre du Liban (Cedrus libani) et le le cèdre de l'Atlas (Cedrus atlantica).

 

Le cèdre du Liban, dont la Syrie et la Turquie ont conservé de beaux massifs forestiers, fut la coqueluche des parcs jusqu'au milieu du XIXème siècle.

Cette mode, qui dura un siècle, permet aujourd'hui d'admirer nombre de spécimens.

Indifférent aux sols mais d'enracinement fragile en terre profinde et fertile, ce cèdre craint le froid.

 

Très longévif, il développe avec l'âge une large cime tébulaire, aux grosses branches, et atteind 40 mètres.

L'écorce, gris foncé, se fissure.  Les rameaux disposent en rosettes des auguilles vert sombre.  L'arbre, à floraison automnale, dresse des chatons mâles cylindriques, teintés de rose, qui lâchent au vent le pollen en abondance.

Les fleurs femelles sont des petits cônes ovoïdes, s'empourprant en période féconde.  Les fruits, lisses, brun violacé, aux écailles serrées, mûrissent la deuxième année.

 

 

Le cèdre de l'Atlas, originaire de l'Afrique du Nord, présente peu de différences avec le prévédent, ce qui rend souvent leur identification difficile.

 

Il a été vulgarisé au siècle dernier quand il servit à reboiser certains versants de nos régions méditérranéennes.

Essence désormais spontanée, il remplace dans les parcs le cèdre du Liban.

Plus élancé, la cime mais branchue mais aussi haute, il adopte tardivement la forme tabulaire.

L'écirce s'écaille et tourne au gris sombre.  Ses aiguilles, vert bleuté, sont plus courtes et peu pointues.

Fleurs mâles et femelles se présentent en chatons dressés.  Les cônes ovoïdes sont identiques à ceux du cèdre du Liban mais plus petits.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Petite histoire :

 

Le cèdre est l'arbre en majesté que vénéraient déjà les Sumériens.

 Il figure l'ancêtre des arbres sacrés.

 

Prospérant dans nos contrées il y a quelques dizaines de millions d'années, il déployait par-dessus le chêne ses ramures sempiternelles. 

La marche des glaces l'ayant cabtonné aux côtes méditérranéennes, il attendit jusqu'au XVIIème siècle que la flotte britannique le portât sur son île.  D'où le botaniste Bernard de Jussieu l'introduisit en France, en 1734. 

 

Il s'étendait jadis au Liban d'immenses cédraies.

Leur exploitation fut telle qu'il n'en subsiste aujourd'hui que quelques fragiles îlots.

 

Matériau des navires phéniciens et égyptiens, les cèdres servirent également aux constructions des peuples à l'entour.

Nabuchodonosor et Assourbanipal en firent les poutres de leurs sanctuaires.

Salomon en habilla le Temple de Jérusalem. "Tout était en cèdre, on ne voyait pas la pierre".   La salle du trône et jusqu'à la maison de la fille de Pharaon avaient un revêtement de cêdre depuis le sol jusqu'au plafond.  On appela ces lieux privés "la maison de la forêt du Liban".

 

Et comment ne pas citer le Cantique des cantiques?  " Que tu es beau, mon chéri, combien gracieux! Combien verdoyante est ta couche! Les poutres de notre maison sont les cèdres, et nos lambris, les genévriers."

 

En grec, kedros, qui a donné le latin cedrus, signifiait à la fois cèdre et genévrier.  Et les érudits discuttent des traductions des vieux textes, car les anciens nommaient cèdres les genévriers.  Par ailleurs, rien n'indique que le monde gréco-romain ait connu le cèdre du Liban.  En Italie, le premier exemplaire gagna le jardin botanique de Pise en 1787.

 

Le cèdre doit à son port majestueux, à sa longévité, à l'odeur et à l'imputrescibilité de son bois un rôle symbolique de grandeur et de pérennité.  

L'Antiquité en fit les planches de cercueils, des sarcophages, des torches et des statues divines.  

Les celtes, qui surent voyager, embaumaient avec sa résine le tête des nobles ennemis.  

Les embaumeurs d'Egypte se servaient de sa sciure dans leur processus d'embaumement.  Et Origène d'Alexandrie, père de l'église, le mentionne dans ses écrits comme étant puissamment antiseptique.

 

Souhaitons que de telles vertus, dont nous venons de survoler les grandes lignes, portent chance au Liban...qui l'a choisit pour emblème.

Menacé de disparition, cet arbre séculaire y est aujourd'hui replanté pour succéder à ses ancêtres millénaires, doyens du monde arborescent après les pins de Californie. 

 

 

 

 

 

 

 

Cèdre

 

(du grec : Kedros)

© 2015 by Amandine DECLAIRCY all rights reserved.

bottom of page