
SANTÉ RÉUNION
Cancer : les facteurs de risques
La transformation d'une cellule normale en une cellule cancéreuse est un processus long et complexe.
Différents facteurs interviennent pour engendrer des mutations dans les gènes.
Certaines mutations peuvent être liées aux hasards des multiplications successives de nos cellules
ou à une prédisposition génétique à certains cancers, c'est-à-dire à des facteurs internes.
Toutefois, les mutations conduisant au développement d'un cancer
sont souvent provoquées ou favorisées par des agressions externes,
provenant de notre environnement, de notre lieu de travail ou de nos habitudes et conditions de vie.
Ces facteurs externes interviennent en proportion très variable pour chaque type de cancer.
Ils ont d'autant plus d'impact lorsque leurs attaques se répètent sur une longue période.
De plus, des facteurs qui ont peu d'influence lorsqu'ils sont isolés
peuvent avoir un effet important s'ils sont conjugués à d'autres facteurs.
C'est ce qu'on appelle la « potentialisation » des risques de cancer.
En effet, c'est souvent l'interaction de plusieurs causes combinées qui provoque la survenue d'un cancer.
Cela s'explique par le fait que ces facteurs peuvent agir de différentes manières :
certains initient le processus en provoquant des mutations dans les gènes des cellules,
d'autres favorisent le développement d'un cancer en stimulant la prolifération des cellules endommagées.
Les facteurs externes
Le risque de développer un cancer dépend pour beaucoup de notre mode de vie : tabagisme, sédentarité, obésité... Il est possible de se prémunir contre de nombreux facteurs de ce risque.
Ainsi, les experts considèrent que 4 cancers sur 10 pourraient être évités en modifiant certains de ces comportements.
La majorité des Français semblent plutôt bien connaitre les principaux facteurs de risque avérés de cancers, comme le tabac et l’alcool.
Pourtant, ils relativisent souvent leur impact par rapport à d’autres causes perçues, telles que l’environnement ou le patrimoine génétique individuel, et n’adoptent pas des comportements plus favorables à la prévention.
Il est ainsi recommandé de ne pas fumer, de modérer sa consommation d’alcool, d’avoir une alimentation saine et diversifiée, de surveiller son poids, de pratiquer une activité physique régulière et d’éviter l’exposition immodérée aux rayonnements UV.
On a ainsi des preuves que les agressions répétées de l'ADN des cellules par certains produits chimiques, comme le tabac, ou par des rayonnements (d'origine nucléaire ou solaire) favorisent l'apparition de cellules cancéreuses.
Virus et bactéries peuvent aussi être à l'origine de certains cancers comme celui du col de l'utérus relié au papillomavirus humain, celui du foie relié au virus de l'hépatite B ou encore celui de l'estomac relié à la bactérie Helicobacter pylori.
Prévenir le cancer, c'est l'ensemble de ce que l'on peut faire, à titre individuel et collectif, pour diminuer le risque d'être confronté un jour à cette maladie.
On estime que 40 % des cancers pourraient être évités par des modifications de nos modes de vie et dans notre environnement.
La prévention apparaît ainsi comme un moyen d'action essentiel pour les faire reculer.
Les facteurs internes
On peut citer parmi eux l'âge et l'hérédité :
- Le vieillissement joue en effet un rôle fondamental.
Même si les cancers peuvent apparaître à tout âge, ils sont généralement plus fréquents à partir de 60 ans.
Cela est dû au cumul des agressions externes subies par les cellules et, probablement, à la moindre efficacité des mécanismes de réparation de l'ADN chez les personnes âgées.
- L'hérédité peut également jouer un rôle.
Certaines personnes ont plus de risques de développer un cancer que les autres parce que, à leur naissance, elles portent déjà des mutations dans un ou plusieurs de leurs gènes, mutations héritées de leurs parents et présentes dans toutes leurs cellules.
Tout se passe alors comme si les cellules de ces personnes avaient déjà franchies plusieurs étapes pouvant conduire au processus de cancérisation.
De fait, un nombre moins important de mutations acquises ultérieurement, lors du développement ou de la vie adulte, est alors nécessaires pour générer ce processus.
Ces personnes seront alors plus exposées face à un environnement externe défavorable et à des comportements nocifs tel le tabagisme.
Le cas particulier des mutations héritées :
La mutation qui survient au moment de la division cellulaire porte non plus sur l'ADN d'une cellule somatique d'un tissu donné, comme une cellule du côlon par exemple, mais sur l'ADN d'une cellule de la lignée germinale, autrement dit une cellule impliquée dans la reproduction et la fécondation (ovules et spermatozoïdes).
De ce fait, la mutation peut être transmise à la descendance.
Si tel est le cas, elle est alors présente dans toutes les cellules de l'organisme du descendant.
Lorsque ce type de mutation est impliqué dans un cancer, on parle de forme héréditaire ou de prédisposition génétique à un cancer.
Seuls 5 à 10% des cancers sont liés à la transmission d'une mutation héréditaire connue et, dans la plupart des cas, ils sont associés à des histoires familiales de cancer très évocatrices.
Les mutations héréditaires prédisposant au cancer les plus connues concernent les gènes BRCA1 et BRCA2; lesquels engendrent un surrisque important de cancers du sein et de l'ovaire.
Les personnes porteuses de cette mutation ont un risque sur deux de la transmettre à chacun de leurs enfants.