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Aulne

 

(latin : alnus)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une autre singularité étonne, son bois "saigne"; tout juste coupé, il rougit comme une blessure.  Ce qui donna lieu à bien des légendes.  Et à des teintures : les inflorescences rendaient la verte, l'écorce la rouge, les rameaux la brune, fort prisée des chapeliers.

 

Mais la vertu cardinale de l'aulne, qui renforce sa réputation de pérénnité, est sa matière incorruptible.

Le bois immergé durcit, comme pétrifié.  Ainsi Vitruve bâtit Ravenne sur ses pilotis, et Venise lui doit en bonne partie son assise. 

 

Matériau des constructions hydrauliques, on en faisait également des roues de moulin. 

 

Bien moins coûteux que le bois de peuplier, les campagnes en tiraient des planches, des échalas, des perches pour échelles et râteliers...

 

Ses sabots, doux et légers, s'usaient par contre assez vite, car le bois d'aulne n'acquiert sa résistance que de l'eau.

 

 

 

 

Ce bois des lieux humides avait pourtant la flamme claire et dégageait une prompte

chaleur propre à chauffer els fours.  Son charbon de bois, utilisé pour la poudre à canon,

était très calorifaire.  

En outre, on recherchait l'aulne pour l'excellence de ses flûtes et la qualité de ses sifflets.   

 

Les vertutes médicinales de l'aulne sont moins connues : on sait ses feuilles

sudorifiques, diurétiques et vermifuges; et son écorce astringente, tonique et fébrifuge. 

Culpeper, herboriste anglais du XVIIème siècle, prescrivait la décoction d'écorce

contre les brûlures, les inflammations et les maux de gorge.

Les vieux temps mettaient des feuilles dans les talons pour soulager les pieds fourbus,

et dans les édredons pour les rhumatismes.

 

L'aulne égrène ses sentinelles au long des rivières et ombrage leurs eaux vives. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'aulne glutineux (Alnus glutinosa) :

 

Caractéristiques : exigeant en lumière et en eau, perd avec 

l'âge son allure très pyramidale.

En terre marécageuse, ses racines partent parfois du tronc,

au-dessus du sol.

Les feuilles, vert foncé, alternes, ovales, dentelées sauf à la base, ont le sommet tronqué ou échancré.

 

Au Printemps elles sont visqueuses, comme ses bourgeons, d'où le qualificatif glutineux.

Longs chatons mâles pendant; les femelles, plus petites, sont dressées sur le même rameau.  

Bourgeons brun violâtre, à pédicelle.  

L'aulne blanc (Alnus incana) :

 

Montagnard, les torrants le dispersent en plaine.  

Plus petit, plus branchu, plus touffu, moins longévif que l'aulne glutineux, il est en conséquence bien moins  gourmand en eau.

Ses feuilles sont glabres, au dessous pubescent et d'une couleur blanc grisâtre, pointues, à double dentelure.    

Son écorce est gris vert, lisse, qui craquelle et s'argente.    

Contrairement à l'aulne glutineux, son bois ne rougit pas à la coupe. 

 

Fruits aux grands pédoncules, libérant des akènes minuscules possédant une poche remplie d'air, ce qui favorise la dissémination dans l'air et l'eau.

Ecorce jeune lisse, brun violacé, se craquelant en lenticelles saillantes puis en larges écailles.

Petite histoire :

 

Dans l'Antiquité, l'Aulne représentait la vie après le trépas.  D'ailleurs ses feuilles restent vertes jusqu'à leur chute.    

L'hiver, il ne parait jamais nu, gardant ses cônes et déjà couvert de chatons.

 

© 2015 by Amandine DECLAIRCY all rights reserved.

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